FLoC: Vivaldi, Brave et DuckDuckGo rejette la technologie de Google

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Le mois dernier, Google a annoncé son intention de déployer une nouvelle fonctionnalité axée sur la protection de la vie privée appelée Federated Learning of Cohorts (FLoC) pour le navigateur Chrome et les sites Web qui publient des annonces.

La technologie est destinée à remplacer les cookies tiers plus traditionnels utilisés par les réseaux publicitaires et les plateformes d’analyse pour suivre les utilisateurs sur le Web, ce qui peut nuire à la préservation de la vie privée des utilisateurs.

Toutefois, la proposition de Google de remplacer les cookies de suivi tiers par FLoC n’a pas été bien accueillie par tout le monde.

FLoC a été critiqué par l’Electronic Frontier Foundation (EFF) et carrément rejeté par les fabricants de navigateurs Vivaldi et Brave pour sa prétention discutable d’être une technologie de préservation de la vie privée.

Le FLoC de Google remplace le suivi des cookies par des « cohortes »

Cette semaine, les fabricants du navigateur Web Vivaldi ont déclaré qu’ils n’incluront pas le support du FLoC de Google dans Vivaldi.

L’annonce sort peu de temps après que Google ait dévoilé ses plans d’essai de la technologie avec un groupe sélectionné d’utilisateurs de Chrome, qui seront automatiquement inclus dans le pilote de FLoC.

FLoC vise à remplacer les technologies de suivi comme les cookies tiers et localStorage par ce qu’on appelle les « cohortes ».

Contrairement aux serveurs (ou réseaux publicitaires) qui suivent les utilisateurs à travers le World Wide Web et enregistrent leur historique de navigation, FLoC remet cette responsabilité au navigateur Web de l’utilisateur.

C’est-à-dire que chaque instance de navigateur Web Google Chrome sélectionnée dans le cadre de l’essai de FLoC serait regroupée avec des « cohortes » ou des groupes spécifiques qui représentent le plus étroitement leur activité récente de navigation sur le Web.

Des milliers de navigateurs ayant un historique de navigation identique (appartenant à la même « cohorte ») stockés localement auront un identifiant « cohorte » attribué, qui sera partagé avec un site sur demande.

Comme l’explique Google :

« FLoC ne partage pas votre historique de navigation avec Google ou qui que ce soit. »

« C’est différent des cookies tiers, qui permettent aux entreprises de vous suivre individuellement sur différents sites. »

« FLoC fonctionne sur votre appareil sans que votre historique de navigation ne soit partagé. Fait important, tout le monde dans l’écosystème des annonces, y compris les propres produits publicitaires de Google, aura le même accès», explique Google dans un article de blog.

En termes simples, cela signifie que, si vous êtes intéressé par les sites technologiques, tels qu’enregistrés dans l’historique de votre navigateur Web, tout comme un millier d’autres utilisateurs, votre navigateur et les navigateurs de ces milliers d’autres seront ajoutés à un groupe de navigateurs qui visitent des sites technologiques. Tous ces navigateurs seront représentés par un identifiant partagé.

Cela limite la visibilité d’un fournisseur d’annonces à une simple liste de navigateurs qui peuvent être intéressés par les annonces technologiques, dans cet exemple, par opposition au fournisseur d’annonces ayant une visibilité sur les habitudes de navigation d’un utilisateur individuel.

En outre, Google déclare que Chrome ne créera pas de groupes de cohortes pour des sujets jugés sensibles, tels que les sites Web qui présentent principalement du contenu médical, politique ou religieux.

Google permettra également aux sites de se retirer de FLoC. Cela signifie qu’un navigateur Web n’inclut pas les visites de sites désistés lors de la génération de données de cohortes.

FLoC rejeté par Vivaldi, Brave et DuckDuckGo

Cependant Vivaldi n’est pas d’accord, tout comme les fabricants du navigateur Web Brave.

« Chez Vivaldi, nous défendons le droit à la vie privée de nos utilisateurs. Nous n’approuvons pas le suivi et le profilage, sous quelque déguisement que ce soit. Nous ne permettrons certainement pas à nos produits d’établir des profils de suivi locaux », déclare Jon von Tetzchner, PDG et cofondateur de Vivaldi.

« Pour nous, les mots « vie privée » signifie la vie privée réelle. Nous n’essayons pas de tordre la définition. Nous n’observons même pas comment vous utilisez nos produits. Notre politique de confidentialité est simple et claire; nous ne voulons pas vous suivre », a encore déclaré Von Tetzchner dans un article de blog publié la semaine dernière.

La société a décrit le FLoC de Google comme un « prétexte » de technologie de préservation de vie privée qui en fait ne la respecte pas.

Ce point de vue a également été partagé par de nombreux groupes, y compris ceux derrière le navigateur Web Brave, DuckDuckGo, et l’Electronic Frontier Foundation (EFF).

Brave qualifie FLoC de « pas dans la mauvaise direction » et estime que FLoC nuit à la vie privée des utilisateurs sous le couvert d’être « respectueux de la vie privée ».

Les fabricants du moteur de recherche DuckDuckGo axé sur la vie privée ont également exprimé leur déception vis-à-vis de Google forçant FLoC sur les utilisateurs sans leur demander leur avis.

Comment savoir si mon navigateur est inclut dans une cohorte de FLoC?

Vous pouvez vérifier si votre navigateur Web a été sélectionné pour faire partie de l’expérience d’essai de FLoC en suivant les instructions fournies sur AmIFloced.org.

FLoC
Source: Twitter

Pour déterminer si un utilisateur est affecté, le script vérifie si oui ou non vous exécutez la version 89 du navigateur Chrome ou une des versions plus récentes, qui viennent avec le support de FLoC, et si l’API interestCohort est disponible:

FLoC

Pour ce faire, le script vérifie si la propriété document.interestCohort() est définie. Une réponse affirmative signifierait que votre navigateur Web fait partie d’une cohorte avec un numéro d’identification assigné.

DuckDuckGo a publié l’extension Privacy Essentials sur Chrome que les utilisateurs peuvent installer pour bloquer FLoC sur leurs navigateurs Chrome.

Les propriétaires de sites Web qui ne souhaitent pas participer à FLoC peuvent le bloquer en émettant l’en-tête de requête HTTP suivante à leurs visiteurs :

Permissions-Policy: interest-cohort=()

À l’heure actuelle, FLoC devrait être déployé parmi « un petit pourcentage d’utilisateurs » basés en Australie, au Brésil, au Canada, en Inde, en Indonésie, au Japon, au Mexique, en Nouvelle-Zélande, aux Philippines et aux États-Unis, selon Google.

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